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ActualitéSuite à la suggestion de l'abbé Simon-Pierre Pelletier,curé de Rivière-Ouelle, Mgr Yvon-Joseph Moreau, nouvel évêque du diocèse de Ste-Anne-de-la-Pocatière, a accepté de partager avec les internautes le texte de l'homélie qu'il prononçait le 15 mars à Saint-Philippe-de-Néri et Mont-Carmel. Il y fait notamment allusion au cas de la petite fille du Brésil violée par son beau-père et qu'on a fait avorté. Rappelons que l'archevêque de Recife en rappelant que l'excommunication s'appliquait dans les cas d'avortement a suscité toute une controverse qui n'est pas encore terminée.![]()
Homélie pour le 3e Dimanche du Carême - 15 mars 2009 : "Tenir tout l'Évangile, et seulement l'Évangile"
Dans cet évangile que nous venons d'entendre, le plus important n'est pas la colère de Jésus, même si elle peut créer sur nous une forte impression ; le plus important, c'est la belle révélation que nous fait Jésus en nous disant que son corps de Ressuscité est le nouveau temple où nous pouvons rencontrer Dieu... Il y aurait beaucoup à réfléchir sur cette révélation et sur les conséquences qu' elle peut avoir sur nos façons de regarder nos temples de pierre aujourd'hui, qu'il s'agisse de magnifiques basiliques ou d'églises plus humbles de nos campagnes... Non, la colère de Jésus n'est pas ce qui est le plus important, mais elle peut nous aider à mieux situer la colère que plusieurs d' entre nous nous avons pu éprouver cette semaine devant l'annonce de l'excommunication prononcée par un évêque du Brésil à l'égard d'une maman et d'un groupe de médecins qui avaient jugé devoir procéder à l'interruption de grossesse d'une jeune fille de 9 ans, enceinte suite à un viol. Il est certes délicat de parler de cette situation, mais il me semble que nous ne pouvons nous taire tout simplement... Le jour où j'ai été nommé évêque, le 18 octobre dernier, j'ai fait une prière que je partage avec vous aujourd'hui. Dans cette prière, je présentais une demande au Seigneur : Père Saint,que ton Esprit s 'empare totalement de mon esprit et de ma bouche afin que je ne prononce aucune parole qui trahisse l 'Évangile de Jésus, aucune parole qui trahisse ta volonté de salut envers tous, aucune parole qui conduise un de tes enfants à désespérer. Et j 'espère que le Seigneur exaucera ma prière aujourd'hui en m'inspirant des paroles appropriées aux circonstances, et fraternelles envers tous, même envers ceux dont nous ne partageons pas la façon de voir. Oui, lorsque nous parlons au nom de Jésus, il est important que notre parole ne trahisse pas son évangile, et, en même temps, il est important que notre parole ne conduise personne au désespoir, car Jésus n'est pas venu condamner, mais chercher et sauver ce qui était perdu (Lc 19, 10). Jésus s'est fait tellement proche de ceux et celles que la société condamnait que certains l'ont critiqué ouvertement et lui ont exprimé des reproches en disant : Cet homme fait bon accueil aux pécheurs et il mange avec eux (Lc 15, 2). A fréquenter l'Évangile, nous découvrons surtout un Jésus compatissant et accueillant devant les malades et les pécheurs. Lorsque nous rencontrons un Jésus en colère, c'est que Jésus se trouve devant des personnes qui faussent la pratique religieuse et en font un trafic d'argent en exploitant les autres (cf. évangile d'aujourd'hui), ou qu'il se trouve en présence de personnes qui imposent aux autres des fardeaux impossibles à porter et qu'ils ne sauraient remuer du doigt (cf. Lc 11, 46). Lorsque nous entendons Jésus prononcer des paroles dures dans l'Évangile, c'est qu'il se trouve devant des personnes suffisantes et orgueilleuses qui condamnent tous ceux et celles qui ne coïncident pas avec leurs canons de pureté morale... Prenons le temps d'observer comment Jésus se comporte avec Zachée ou Lévis le publicain, avec la femme surprise en délit d'adultère, avec la pécheresse publique qui lui embrasse les pieds en les parfumant... Devant toutes ces personnes qui ont péché par faiblesse ou qui se sont risquées sur des chemins hasardeux, Jésus se montre toujours accueillant et fait preuve d'une compassion exemplaire... C'est ce Jésus que nous devons contempler toujours plus afin d'apprendre de lui les attitudes justes et fraternelles devant toute personne qui manque à nos critères de bonne conduite morale... Il y a là une urgence pour notre Église aujourd'hui, devant des situations humaines de plus en plus complexes, devant des enjeux éthiques qu'il n'est pas toujours faciles de bien évaluer. Tenir la vérité entière de l'évangile et de la bonne nouvelle du salut exige que nous contemplions longuement Jésus, que nous l'écoutions avec un coeur humble et aimant... Tenir tout l'évangile et seulement l'évangile est une démarche exigeante, car elle suppose une recherche constante d'équilibre entre vérité et amour, entre exigence et compassion, l'amour et la compassion gardant toujours la priorité et ayant droit au dernier mot... En tant qu'humain et pécheur, en tant que moine et évêque, je serais plus heureux de faire partie d'une Église qui pourrait se tromper par excès de compassion et d'attention aux personnes, que de faire partie d'une Église qui se tromperait par excès d'intransigeance et de rigueur à défendre ce qu'elle pense la vérité... Il nous faut tous consentir au mystère de ce Dieu plus grand que nous et dont la miséricorde n'a pas fini de nous surprendre, au mystère de ce Dieu dont nous a parlé saint Paul : La folie de Dieu est plus sage que l'homme, et la faiblesse de Dieu est plus forte que l'homme. Puisse le Seigneur apprendre à notre Église et à chacun et chacune d'entre nous comment consentir à sa faiblesse pour avoir part à sa force, comment consentir à sa folie pour avoir part à sa sagesse ! + Yvon-Joseph Moreau --- Saint-Philippe et Mont-Carmel ____________________________________ Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec. Actualité![]()
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Notre ville a été secouée par une nouvelle tragique : une enfant de neuf ans victime des abus sexuels de son beau père était enceinte de jumeaux. Sa sur aînée, âgée de 13 ans, avait subi les mêmes sévices. Cette horrible histoire durait depuis près de trois ans. Quand le conseil de Alagoinha a découvert les faits, il a tenté de tout mettre en uvre pour aider les enfants et les parents. Le 27 février, la justice a confié les enfants à linstitut médical légal de Caruaru, dans lEtat de Pernambuco. Dautres examens complémentaires ont été réalisés (avec des sexologues, des psychologues) ensuite à linstitut médical de lenfance de Recife. Cest à cet endroit que la victime a rencontré une assistante sociale du nom de Karolina Rodrigues et son assistante Marie-José Gomes. Cette dernière a refusé lhypothèse de lavortement au nom de sa conscience chrétienne. Karolina Rodrigues a décidé de porter ce cas devant le conseil de Alagoinha. Les cinq conseillers de la ville ont refusé pour les mêmes motifs. Ils ont transmis leur avis à linstitut médical de Caruaru. Une copie a été donnée à Karolina Rodrigues en ma présence et celle du père de la victime, monsieur Erivaldo. Le 28 février, je suis invité à participer au conseil de linstitut médical de lenfance de Recife en compagnie de Marie-José Gomes et de deux membres de notre paroisse. Nous en profitons pour aller visiter la victime et sa mère. Elles se trouvent au quatrième étage de létablissement, dans un appartement isolé. Laccès est très strict. Je suis obligé de rester dans le couloir mais jarrive à parler avec la mère de la petite. Elle mavoue avoir signé des papiers. Je minquiète car cette femme est analphabète. Comme elle est incapable dapposer sa signature, on a pris ses empreintes digitales. Je lui demande ce quelle pense à propos de lavortement. Elle montre des sentiments très maternels et surtout une préoccupation extrême pour sa fille. Elle répond : je ne veux pas que ma fille avorte » La maman me parle de son état de santé : ça va bien, elle joue avec des poupées quon vient de lui donner. Nous repartons avec la ferme conviction que la mère est totalement défavorable à lavortement de ses petits fils. Personne na le droit de tuer personne ajoute-t-elle. Seul Dieu peut disposer de la vie Le 2 mars, nous retournons à linstitut de Recife. Nous sommes autorisés à monter au 4e étage pour visiter la victime. Mais, arrivés au premier étage, un fonctionnaire de linstitut nous interdit de monter plus haut. Il nous demande de voir lassistante sociale dans un autre bâtiment. Nous tombons nez à nez avec Karolina Rodrigues. Je suis en compagnie de Marie José Gomes et de monsieur Erivaldo qui soppose à lavortement de ses petits fils. Quand lassistante découvre mon identité, elle dit devant tout le monde : il sagit dune affaire médicale même si le prêtre qui est là estime quil sagit dune question de morale. Nous interrogeons Karolina Rodrigues sur létat de santé de lenfant. Elle affirme que tout est déjà résolu avec laccord de la maman. La procédure médicale va suivre son cours. Elle insiste sur son état critique sans fournir aucun élément de la part dun médecin. Elle se retranche aussi derrière la loi : dans ce cas, le mieux est de sauver la vie de lenfant. Nous répondons : il ny a pas une seule vie à sauver mais trois ! Elle ne veut rien entendre. Karolina Rodrigues demande à Monsieur Erivaldo de lui parler seul à seul. Pendant près de 25 minutes. En sortant, ce dernier me révèle quil vient de changer davis à propos de lavortement : lassistante ma prévenu que ma fille était menacée de mort... Si elle est en danger, il faut la sauver Quitte à lui retirer les ftus a-t-il murmuré. Tout paraissait alors terminé. Cest alors que larchevêque de Recife, dom José Cardoso, et lévêque de Pesqueira, dom Franceso Biasin, se sont impliqués dans la procédure. Mgr Cardoso a convoqué un groupe de médecins, davocats, de psychologues, de juristes pour étudier la légalité de cette affaire. Lors de cette réunion, le 3 mars, à la résidence de larchevêque, il y avait le directeur de linstitut médical de lenfance de Recife, Antonio Figueiras. Il a reconnu en public les pressions exercées par Katerina Rodrigues. Il a contacté lhôpital pour suspendre lavortement. Un peu plus tard, larchevêque de Recife reçoit un appel de monsieur Figueiras linformant quun groupe féministe Curumin aurait convaincu la maman daccepter un transfert de sa fille vers un autre hôpital. Nous retournons sur place avec Maria Gomes. On la fait attendre en prétextant la rotation des équipes (lenfant était déjà transférée). Personne nose lui dire quelque chose. Comment une personne en péril de mort peut-elle obtenir un bon de sortie ? Comment létat de la victime a-t-il pu changer si rapidement ? Quest-ce que le Curumin a pu dire à la mère ? Le 4 mars, nous apprenons que lenfant est internée à lhôpital de CISAM (centre intégral de santé Amaury de Medeiros spécialisé dans les grossesses à risques). Cela se trouve au nord de Recife. Notre espoir de voir deux enfants vivants disparaît brutalement. Tout cela à cause dune manipulation de conscience et dun manque de respect pour la vie humaine. Jai raconté tout cela pour que les gens sachent la vérité. » ____________________________________ Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec. Actualité
BENOÎT XVI, UN DES DERNIERS DÉFENSEURS DE LA RAISON
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